Parti de l'Île
Tout a commencé quand je suis venu au monde. Il y avait du vert partout,
c'était sur une grande île et la terre était noire.
Tous les éléments de ma vie en devenir étaient en place.
Quelques années plus tard, après avoir longtemps fait le mauvais garçon,
je me suis retrouvé devant l'escalier en demi-lune de l'École des Beaux-Arts
de Québec où j'ai éparpillé 4 ou 5 ans de mon adolescence attardée.
J'ai joué des couleurs, des formes, de papiers, de terre. Je m'y suis fait des amis
et j'y ai rencontré des profs hyper-sympatiques… sauf quelques-uns. Sorti de l'école,
j'ai fait de la radio et de la télé oubliant de dessiner, de sculpter, occupé que j'étais à avoir
des enfants (beaucoup) et à les faire grandir (pas tout seul, évidemment).
À la mi-temps de mon tour de piste sur notre petite boule bleue, l'envie m'est revenue,
accompagnée d'une simple question : « Qu'est-ce que ça aurait donné si… ? »
Eh bien voilà, je m'y suis remis de plus en plus sérieusement, en logeant à nouveau
mon exploration intempestive sur la toile, le papier, la sanguine, la couleur et la terre.
Et hop à l'Espace Go et la Cinquième Salle de la Place des Arts pour une saucette en
solo il y a dix ans déjà.
Comme, et depuis toujours, quarante-trois projets
s'échaffaudaient dans ma tête, les formes se ballotaient comme autant de
constructions spatiales se croisant et s'entrechoquant, laissant
s'échapper moultes parcelles de couleurs. Puis, un bon soir d'été… assis sur un balcon
avec des amis venus de l'étranger, mes yeux se sont posés
sur ce qui pour moi était une œuvre de fonderie… un trou d'homme.
W. MQ.
Durant les années 60, alors que le Québec vivait une période incomparable d'effervescence,
Winston McQuade étudiait à l'École des Beaux-Arts de Québec où le besoin d'exprimer notre
contemporanéïté fertilisait toutes les pulsions créatrices. Cette étape du cheminement d
e l'artiste a été marquée par deux expos solo : la première à la Galerie Zannetin,
la seconde à la Chant'Auteuil, toutes deux dans la vieille capitale.
Winston s'engagea ensuite dans un vaste détour radio-canadien,
animant des émissions-phares telles que L'Heure de pointe, Les Belles Heures, Radar,
Juré craché pour n'en nommer que quelques-unes. Mais en marge de cette respectable
carrière, il poursuivait ses recherches en arts visuels et, au cours des années 90,
fréquentait divers ateliers dont un en dessin de modèle vivant,
un autre en scuplture, un autre en modelage…
Entre 1993 et 1995, l'Espace Go, la Galerie VanGogh et la 5e Salle de la
Place des Arts l'ont tour à tour invité à tenir en leurs murs une expo solo.
Depuis, il a régulièrement participé à des expositions de groupe.
Avec Trou d'homme / Manhole etc. l'artiste originaire de l'Île d'Orléans
marque son parcours de vie, d'homme et de créateur, d'une pierre blanche.
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